Aujourd'hui, je suis allé faire un tour pour visiter une de mes clientes les plus chères. L'une de celle qu'on aimerait rencontrer à chaque fois. Pour accéder à son bureau, il a fallu que je me plie à plusieurs contrôles de sûreté. Une idée débile m'est venue alors que j'allais pointer au poste de garde.

J'arrête le 4x4 (oui je sais !) de R. au poste de contrôle juste devant la barrière. Le sbir s'approche de moi dans une démarche à la fois nonchalante et chaloupée. Un vrai spectacle de cabaret à lui tout seul.

Je lance un « Bonjour, je viens voir Madame Martin » en souriant au préposé. « Quel est votre nom ? » Je suis Monsieur Machepro. Oui, cé-ache-euh-pé-air-o. Le cerbère me désigne une place de parking et passe son badge sur la borne pour ouvrir la barrière. Je suis mort de rire. Je viens de pénétrer l'enceinte de l'entreprise en donnant ma plaque d'immatriculation et deux noms bidons. Je m'y attendais un peu.

Je descends de la voiture et je me présente aux charmantes hôtesses qui me connaissent en général. Merde. Pas celles là. Je me présente au comptoir, affiche mon meilleur sourire et lance un « J'ai oublié mon badge à la maison ce matin ». Pas de problème, on me délivre un badge « EG » pour « Employé Groupe ». Et hop, je franchis les barrières et je monte à l'étage. Je n'ai jamais décliné ma véritable identité à aucun moment et personne dans ce soit-disant service de « sécurité » n'est capable de savoir où je me trouve dans le bâtiment.

Moralité, si la stratégie de sûreté est plutôt bonne, elle n'est efficace que si elle est appliquée par des personnels qui la comprennent.